À chaque époque, la question revient : que sont vraiment les arts majeurs ? Impossible de traverser le Val-de-Marne sans tomber, sur une affiche ou dans une salle municipale, sur un débat animé entre générations ou entre habitués de la maison de quartier. La définition des arts n’est jamais figée, mais une chose est sûre : ce classement en sept arts façonne nos références culturelles, notre manière de valoriser le spectacle ou le patrimoine, et la programmation des structures culturelles locales. Entre les murs d’une médiathèque, lors d’un festival scolaire ou sur les bancs d’une école d’arts appliqués, cette liste nourrit encore les conversations et suscite l’envie d’en sortir. Car si tout le monde retient le cinéma comme 7ème art, qui peut réciter dans l’ordre la fameuse série : architecture, sculpture, peinture, musique, littérature, arts de la scène… ? Ce « classement » ne vient pas du hasard, il incarne une histoire pleine de rebondissements, de débats idéologiques, d’évolutions technologiques — et parfois, d’énormes glissements de terrain sur ce qui mérite le titre d’« art ». Petite plongée dans une liste loin d’être figée, avec détours par les écoles, les maisons de la culture et même la banlieue où tout se discute encore et toujours.
En bref :
- La classification des sept arts reflète l’évolution des pratiques créatives, avec des bases posées par le philosophe Hegel puis élargies au XXe siècle grâce à l’apparition du cinéma.
- Chaque art majeur sollicite différents sens et propose une expérience propre, du bâti monumental à la poésie murmurée.
- La liste continue d’évoluer, avec de nouveaux venus comme la bande dessinée ou les jeux vidéo qui bousculent la frontière entre « arts reconnus » et autres formes de création.
- Dans les médiathèques et centres culturels d’Île-de-France, la définition et l’ordre des arts nourrissent toujours les débats et les programmations.
- Le tableau synthétique ci-dessous permet de visualiser les spécificités de chaque art, selon leur sens, leur médium et leur rôle dans la culture contemporaine.
Arts majeurs : retour sur la définition des 7 arts et origine de leurs ordres
Dès l’Antiquité, chaque génération s’emploie à classer les pratiques culturelles selon la sensibilité du moment. Les Grecs avaient les neuf muses — mémoire vivante de l’éloquence, de la musique, des arts littéraires — mais pas encore de notion précise de la peinture ou de l’architecture comme « arts à part entière ».
Au Moyen Âge, place aux arts libéraux (grammaire, rhétorique, arithmétique, etc.) et, plus bas dans la hiérarchie, aux arts « mécaniques » (bâtisseurs, forgerons, verriers…). Au fil des siècles, la frontière entre « faire » et « créer » glisse peu à peu. C’est au XIXe siècle que le classement moderne prend ses bases grâce aux philosophes allemands — en particulier Hegel — qui proposent une grille hiérarchique, selon la matérialité et l’expressivité des disciplines.
L’arrivée du cinéma dans ce paysage, au XXe siècle, chamboule tout : Ricciotto Canudo, critique avant-gardiste, propose en 1912 d’ajouter le film aux arts existants, offrant soudain au grand public une fusion du récit, du son et des images… Depuis, la liste n’a cessé de se faire questionner, enrichir, déplacer.

Classification officielle et sens sollicités par chaque art majeur
Impossible de comprendre l’ordre des arts sans voir que chaque discipline touche une facette singulière de notre sensibilité. Un bon tableau synthétique vaut souvent mieux qu’un long discours : voici une vue claire des sept arts, dans l’ordre historique retenu aujourd’hui, leur caractéristique principale et les sens mis en jeu.
| Ordre | Art | Caractéristique principale | Sens sollicités |
|---|---|---|---|
| 1 | Architecture | Structuration de l’espace, esthétique & fonctionnalité | Vue, toucher |
| 2 | Sculpture | Formes en trois dimensions, matérialité | Vue, toucher |
| 3 | Peinture | Expression visuelle sur surface plane | Vue |
| 4 | Musique | Organisation des sons, émotion auditive | Ouïe |
| 5 | Littérature (poésie) | Art du langage et de l’imaginaire écrit ou oral | Ouïe, vue |
| 6 | Arts de la scène | Danse, théâtre, mime : mise en espace du corps | Vue, ouïe |
| 7 | Cinéma | Synthèse visuelle et sonore, narration audiovisuelle | Vue, ouïe |
Repères historiques et évolutions de la classification des arts
On aurait pu s’en tenir à la hiérarchie fixe, mais la réalité ne cesse de bousculer le cadre. Dès les années 1970, les documentaristes et journalistes du Val-de-Marne insistent : la télé, la bande dessinée, bientôt les jeux vidéo… doivent aussi avoir leur place dans la liste. Les médiathèques du 94 le sentent bien : les adolescents préfèrent parfois un atelier manga à la reproduction d’un tableau classique.
D’ailleurs, la catégorie des « arts médiatiques » (radio, photo, télévision) puis celle du neuvième art (bande dessinée) montrent la vitalité de cette réflexion. À Maisons-Alfort comme à Paris, la question revient tous les cinq ans, lors d’une exposition ou d’une biennale : faut-il ouvrir la porte à de nouveaux genres ? En 2026, impossible d’ignorer le rôle de l’art numérique, du street art ou d’autres pratiques hybrides. Elles brouillent les frontières, créant autant de débats dans les familles que dans les écoles d’art.
L’influence concrète de la classification des arts dans la vie culturelle aujourd’hui
Pas besoin de fréquenter le Louvre ou la Villa Médicis pour sentir que l’ordre dans les arts majeurs continue de peser sur la façon dont on parle d’exposition, de spectacle ou de programmation municipale. À Créteil, la succession des disciplines influence autant la conception des agendas culturels que le financement des événements. Si certains estiment qu’il est temps de faire exploser les frontières (merci la génération web et la vague des œuvres immersives), beaucoup apprécient d’avoir un repère clair, un cadre pour aborder la définition des arts auprès du jeune public en centre de loisirs.
Petite anecdote vécue : lors d’un échange avec le responsable d’un centre socio-culturel, une question fuse — « Pourquoi la BD serait-elle moins noble que la sculpture ? » Personne ne tranche définitivement, mais tout le monde repart avec l’envie de pousser une porte différente la semaine suivante.
Extension de la liste : Le débat sur les 8e et 9e arts, et au-delà des sept arts
La liste s’arrête-t-elle vraiment à sept ? Pas si sûr. De nombreux acteurs culturels réclament sa mise à jour. Un petit panorama des « candidats » pour une extension populaire :
- 8e art : arts médiatiques (télévision, radio, photographie tout support)
- 9e art : bande dessinée, qui unit le graphisme à la narration et offre une ouverture à des publics variés.
- 10e art : jeux vidéo, installations interactives, pratiques numériques, souvent mal comprises mais très suivies en banlieue et dans les tiers-lieux innovants.
L’idée d’un dixième art n’a pas fait l’unanimité officielle, mais dans la pratique, la réalité des usages pousse à l’ouverture. Les médiathèques adaptent leurs fonds, les MJC leurs ateliers, et les écoles leurs programmes.
Les arts majeurs dans la vie quotidienne : transmission, repères et accès
Ce classement n’est pas qu’une grille académique. Il pose, dès l’enfance, des jalons pour s’ouvrir à la culture en dehors des discours d’expert. La force de la définition des arts, c’est de rendre visible ce qui se joue dans une salle polyvalente de quartier aussi bien qu’au musée : la capacité à toucher, fédérer, provoquer ou apaiser selon les disciplines.
Quelques conseils pratiques pour s’approprier ces arts, chez soi comme lors d’une sortie :
- Identifier le style dominant d’une œuvre et le sens en éveil (écouter, regarder, manipuler…).
- Comparer les formats : fresque murale, film court, danse contemporaine, slam.
- Repérer les ponts noueux entre les arts : opéra (musique/scène/littérature), vidéo-danse, installation artistique immersive.
- Chercher les événements gratuits ou petits prix dans votre commune pour expérimenter sans pression.
Soit dit en passant, tout le monde trouvera matière à débat — sur place ou sur le chemin du retour — pour savoir si un atelier manga vaut vraiment une initiation à la sculpture classique. Mais le plus sage reste encore d’essayer et de se faire sa propre idée.
Pourquoi le cinéma est-il appelé le septième art ?
Le cinéma a été ajouté à la classification des arts en 1912 par Ricciotto Canudo, qui voyait dans ce médium une synthèse de l’image, du son, du mouvement et du récit. Cette place symbolique lui a valu d’être surnommé « septième art » pour marquer sa reconnaissance académique et son impact populaire.
L’ordre des arts est-il figé ?
Non. L’ordre des arts évolue selon l’histoire des techniques, l’apparition de nouveaux supports — comme les arts numériques ou la bande dessinée — et les débats au sein des milieux pédagogiques et institutionnels. Chaque époque remet en question la pertinence et l’ordre de classement.
La bande dessinée fait-elle partie des arts majeurs ?
Oui, la bande dessinée est désormais considérée comme le neuvième art. Elle combine narration graphique et texte, ce qui lui permet d’occuper une place particulière dans la culture contemporaine, avec ses festivals, ses écoles et ses prix dédiés.
Les arts numériques seront-ils le dixième art reconnu ?
La question reste ouverte. Même si de nombreux centres culturels et festivals les mettent à l’honneur, il n’existe pas encore de consensus académique officiel. Néanmoins, leur importance croissante dans la création et l’accès à la culture est indéniable.
