Quel est le premier art dans la classification des arts ?

Ouvrir une porte sur la question du « premier art », c’est plonger dans un débat aussi ancien que vivant : pourquoi, parmi toutes les formes de création, a-t-on choisi de placer l’architecture au sommet du classement ? Loin

Sophie Martineau

Rédigé par : Maryse Villeneuve

Publié le : avril 27, 2026


Ouvrir une porte sur la question du « premier art », c’est plonger dans un débat aussi ancien que vivant : pourquoi, parmi toutes les formes de création, a-t-on choisi de placer l’architecture au sommet du classement ? Loin de rester figé dans les livres, ce sujet continue de traverser les époques, parfois objets de discussions animées lors des rencontres culturelles ou dans les ateliers d’arts plastiques des villes de banlieue. Derrière cette notion de « premier art », on trouve bien plus qu’un classement. C’est une histoire de philosophie de l’art, d’évolution des pratiques et de territoires urbains qui s’inventent au quotidien. À travers les regards des curieux, des étudiants, des familles, il y a toujours cette question : à quoi sert de classer ? Qu’est-ce que ça change concrètement dans la vie, pour comprendre pourquoi telle ou telle discipline a été posée en première ligne ?

En banlieue comme dans le centre de Paris, ce classement a parfois l’air lointain, un peu scolaire. Pourtant, dès qu’on gratte, il prend corps : dans un quartier qui change, la rénovation du gymnase ou de la place n’est pas qu’une question de murs, mais bien de société. D’ailleurs, ce sujet fait régulièrement écho dans les programmations culturelles locales, où l’architecture croise la poésie urbaine et l’envie de réenchanter son quotidien. Cet article ne va pas s’arrêter à l’explication classique : son but est d’apporter un regard clair et concret, de faire le point sur l’histoire de cette fameuse classification des arts, sans jargon inutile, avec des exemples tirés de la vraie vie et des anecdotes utiles pour se réapproprier la question.

  • Le « premier art » réfère traditionnellement à l’architecture dans la classification des arts.
  • Les classements varient selon les époques et les courants philosophiques, mais architecture, sculpture, arts visuels et musique dominent les têtes de liste.
  • Les origines de cette hiérarchie sont passionnantes : elles mêlent philosophie, esthétique, et discussions autour de la place de chaque discipline dans la société.
  • L’architecture n’est pas qu’une affaire de professionnels : elle façonne les lieux de vie, influence le bien-être quotidien et se mêle à l’histoire locale.
  • La question de « ce qui fait art » reste au cœur des débats culturels, surtout à l’heure où les nouveaux médias ou la bande dessinée demandent leur reconnaissance.

L’émergence de la classification des arts : origines, philosophy et enjeux locaux

Pour comprendre pourquoi l’architecture s’installe en première place dans la classification des arts, il faut revenir à la source de cette organisation. Dès la Grèce Antique, philosopher sur l’art, c’était déjà chercher des repères : chaque muse, fille de Zeus, représente un domaine artistique ou intellectuel. Mais ces muses ne suffisent pas à fixer un ordre. Les philosophes, de Kant à Hegel, sont venus ajouter leur grain de sel, pressés de donner un sens à la diversité des expressions artistiques.

Au XVIIIe siècle, Emmanuel Kant tente pour la première fois une structure un peu rationnelle : trois catégories qui distinguent arts plastiques (sculpture, architecture, peinture), arts du langage (poésie et éloquence), et arts du ressenti (musique, couleurs). Cette démarche n’est pas juste un jeu intellectuel ; elle répond aussi au besoin de hiérarchiser, de créer des repères. À ce moment, architecture et peinture forment le socle, mais la division n’est pas encore figée.

Avec le temps et les réflexions de Hegel au XIXe siècle, puis d’Étienne Souriau au XXe siècle, les classements se précisent. La grande force de ces penseurs, c’est d’avoir reconnu que chaque art a sa logique matérielle : l’architecture, par son côté concret, massif, et structurant, s’impose comme une sorte de point de départ pour penser l’esthétique. On la pose donc comme le premier art, suivie par la sculpture, la peinture ou les arts visuels, la musique, et plus loin, la littérature et les arts du spectacle.

A lire également :  Bande dessinée 9e art : origine, définition et reconnaissance culturelle

Mais sur le terrain, dans une ville comme Créteil ou Vitry, ces enjeux prennent un autre sens. Les architectures modernes, parfois imposées, parfois choisies, influencent la façon dont on s’approprie le quartier. Est-ce qu’on habite un cube de béton quelconque ou une prouesse imaginative qui donne envie de flâner ? Pour beaucoup, l’architecture façonne la vie quotidienne, du banc devant la médiathèque jusqu’à la grande halle où se déroulent ateliers d’arts plastiques et expositions.

découvrez quel est le premier art dans la classification des arts et comprenez son importance dans l'histoire culturelle et artistique.

Classer n’est donc pas qu’une affaire d’esthètes à l’abri dans un bureau parisien. C’est décider comment regarder ce qui nous entoure : la structure du collège du quartier, la verdure travaillée dans un parc, ou la manière dont on réinvente les écoles et les centres socio-culturels. Voilà pourquoi la question reste ouverte : on peut bien suivre la classification classique, mais chacun rajoute à sa guise l’art qui lui parle le plus, celui qui fait le plus sens localement ou en famille.

L’architecture, premier art : ce que cela signifie vraiment dans la vie quotidienne

Dire que l’architecture est le premier art, ce n’est pas simplement flatter les architectes. C’est reconnaître un rôle très concret : celui de donner une forme visible à l’organisation de la société. L’architecture, ce n’est pas que les châteaux ou les monuments classés. C’est aussi le marché couvert qui abrite les stands le samedi, la passerelle qui permet d’accéder à la médiathèque, les nouveaux équipements sportifs et les écoles du quartier Sud.

Ce rôle central de l’architecture tient au fait qu’elle structure l’espace, oriente les circulations, influence le sentiment d’appartenance. Soyez attentif en traversant un quartier : la disposition des bâtiments guide vos pas, impose certaines trajectoires ou invite à la promenade. Et quand un bâtiment public est rénové, c’est souvent tout le quartier qui en profite ou râle, selon la réussite ou la maladresse du projet. Du coup, parler du « premier art », c’est pointer qu’aucune création artistique ne peut totalement s’affranchir du cadre imposé par l’architecture environnante.

Les exemples abondent : un centre d’animation bien conçu accueille sans juger petites et grandes initiatives. Une place refaite avec de l’espace pour s’asseoir, jouer, observer, offre un tremplin pour les ateliers de peinture ou les concerts de quartier. À l’inverse, un bâtiment fermé sur lui-même peut isoler les habitants. Au fil des années, on voit bien que l’architecture n’est pas une affaire réservée aux capitales ou aux grands architectes : chaque transformation de l’espace public compte.

Pour ceux qui cherchent à comprendre où se situe l’art, le détour par l’architecture éclaire bien des questions : s’agit-il d’une discipline technique ? Oui, mais pas seulement. L’art architectural joue aussi sur les émotions, sur la lumière qui traverse un hall, sur l’étonnement que provoque une façade inattendue. Ce n’est pas un hasard si des lieux comme le centre culturel Le Pertuis ou le Petit Palais à Paris sont aussi reconnus pour la qualité de leur accueil et la beauté de leur bâtiment que pour leur programmation.

Architecture, espace et lien social

Dans beaucoup de quartiers, des associations ne cessent de rappeler le lien étroit entre la qualité architecturale et le vivre-ensemble. On programme des visites urbaines, on invite les familles à découvrir les « trésors cachés » du secteur : escaliers monumentaux, fresques invisibles depuis la rue, petits passages discrets qui racontent l’histoire d’une ville.

Ce n’est pas dire que l’architecture serait parfaite ou toujours inclusive. Parfois, la centralité du « premier art » sert à masquer les difficultés : logements vétustes, défauts d’entretien, manque de lieux pour se réunir. Mais en analysant ce classement, on comprend mieux pourquoi la réflexion sur l’architecture reste centrale dans toutes discussions sur l’aménagement urbain, le bien-être et la création de liens durables.

A lire également :  Que devient la maison de Jean Ferrat ? Histoire, héritage et ouverture au public

Des arts plastiques aux arts visuels : évolution du classement et ouverture aux nouveaux médias

La question de savoir « quel est le premier art » serait incomplète sans évoquer ce qui vient après dans la fameuse nomenclature : sculpture, arts visuels, peinture, musique, études littéraires, arts de la scène, et entre temps, le cinéma, la télévision et la bande dessinée. Ce classement n’a rien d’anodin : il façonne la façon dont on déploie les budgets publics, dont on définit les espaces éducatifs, et même la manière d’aborder les sorties en famille ou les ateliers du mercredi.

Dans les années 1960, Étienne Souriau tente une relecture qui valorise la diversité sensorielle. Pour lui, chaque art sollicite un mode particulier de perception : relief pour la sculpture, ligne pour le dessin, couleur pour la peinture, mélodie pour la musique, mouvement pour la danse, parole pour le théâtre, et lumière pour le cinéma. Cette lecture sensible du monde artistique ouvre la voie à l’inclusion des arts visuels dans toute leur diversité : la photographie, la gravure, le graphisme, le web design ou, plus récemment, le numérique interactif se faufilent dans cette filiation.

Depuis quelques décennies, l’arrivée du jeu vidéo, de la bande dessinée (considérée aujourd’hui comme le neuvième art), de l’art numérique ou de formes hybrides relance la question du classement. Peut-on tout compter sur les doigts ou faut-il inventer une nouvelle grille ? Beaucoup d’enseignants et de médiateurs culturels remarquent d’ailleurs que les jeunes générations manipulent volontiers les catégories, sans trop s’offusquer si le manga entre dans les arts visuels ou si la musique rap rejoint la dramaturgie contemporaine.

Pour qui s’intéresse de près à ces sujets, la frontière entre arts plastiques, arts visuels et arts médiatiques devient poreuse : l’atelier « peinture et numérique » dans une maison de quartier, l’exposition collective dans la salle polyvalente ou le projet photographique participatif dans une MJC brouillent les pistes et enrichissent la vie locale. Tout cela fait écho à la large définition actuelle des arts, qui prend en compte la multiplicité des pratiques et donne leur place à des disciplines jadis déconsidérées.

Rang Discipline artistique Exemple local/contemporain
1er Architecture Bâtiments communaux, réhabilitation de médiathèques
2e Sculpture Statues de place, projets de quartier
3e Arts visuels (peinture, dessin, photo, graphisme) Ateliers municipaux, expositions éphémères
4e Musique Fanfares locales, ateliers MAO
5e Littérature (poésie, roman) Rencontres auteurs, ateliers slam
6e Arts de la scène Théâtre de quartier, événements en plein air
7e Cinéma Projections associatives, festivals locaux
8e Arts médiatiques Créations audiovisuelles, radio de quartier
9e Bande dessinée Clubs, festivals de BD
10e Jeux vidéo Ateliers e-sport, projets scolaires

Quand le local redéfinit la hiérarchie

La banalisation des ateliers d’art numérique ou des expositions collectives force parfois les institutions à revoir leur copie : ce qui comptait hier comme « arts plastiques » inclut aujourd’hui l’impression 3D, la vidéo interactive ou l’installation sonore. Dès qu’on sort du cadre traditionnel, la question du classement s’invite dans la vie municipale, dans les budgets culturels et dans les discussions de parents, ravis ou perdus devant l’offre actuelle.

Derrière le classement, une réalité mouvante : la philosophie de l’art au quotidien

Pour un grand nombre de curieux, la classification des arts semble très éloignée des préoccupations concrètes : « Peu importe s’il s’agit du premier ou du sixième art, tant que l’atelier plaît aux enfants ! » Pourtant, la philosophie de l’art rappelle que ces hiérarchies ne sont jamais neutres. Elles reflètent des choix de société, des priorités, et parfois des volontés de consacrer une discipline par rapport à une autre.

L’exemple est frappant dans l’attribution de certains budgets : la réfection d’un bâtiment public bénéficie souvent d’un soutien important, alors que les ateliers peinture doivent se contenter de subventions variables. D’un autre côté, l’existence d’initiatives hybrides (par exemple, des ateliers mêlant architecture et arts plastiques pour réinventer une cour d’école) montre que les frontières s’estompent et que la philosophie de l’art ne se limite plus aux salons parisiens.

Un détail qui amuse ou agace : dans les conversations, certains se plairont toujours à défendre la prééminence de leur discipline favorite. Un sculpteur revendiquera son art comme pilier de la tradition, tandis qu’un animateur proposera la création numérique comme l’avenir de la transmission culturelle. Pour beaucoup de familles, l’enjeu n’est plus dans le rang, mais dans la capacité à ouvrir les publics à des expériences variées, accessibles et impliquantes.

  • La classification engage des choix de valorisation : ce que l’on veut transmettre, ce que l’on finance.
  • Derrière l’ordre, il y a l’enjeu de l’accessibilité : toute discipline devrait pouvoir être découverte, même si elle arrive en dernier dans le classement officiel.
  • La philosophie de l’art évolue à travers l’impact sur les pratiques locales et les attentes des différentes générations.
A lire également :  Quelles sont les 7 arts : définition, liste et ordre des arts majeurs

Pourquoi ce débat mérite-t-il d’être posé et reposé, surtout en banlieue ? D’abord, parce qu’il n’y a pas d’« art mineur » dans la réalité d’un quartier vivant. Ensuite, parce que la classification des arts, loin d’être anecdotique, conditionne de vraies décisions concrètes pour l’organisation d’un musée, d’une saison culturelle ou d’un parcours éducatif.

Mettre à l’épreuve la classification : retours de terrain et questionnements actuels

Chaque jour, la classification des arts se trouve testée au gré des expériences de terrain. Prenez une ville de taille moyenne : la construction d’une nouvelle salle polyvalente s’accompagne souvent de consultations auprès des habitants. Certains réclament des espaces pour peindre en groupe, d’autres rêvent de soirées ciné ou d’un studio pour podcast. Soudain, l’arbitraire de la hiérarchie officielle trouve ses limites, rattrapée par la diversité des besoins et des envies.

Dans beaucoup de centres socio-culturels, les programmateurs témoignent d’une circulation constante entre disciplines. Une chorale de quartier peut voir naître des ateliers d’arts plastiques pour accompagner son décor de scène. Une compagnie théâtrale monte une pièce dans la cour d’une médiathèque tout en proposant des animations autour de la sculpture ou de la photographie. Ces mélanges brouillent volontairement le classement : la frontière entre premier, troisième ou septième art y devient accessoire.

Les débats locaux laissent aussi la place à des formes émergentes. Le succès de la bande dessinée, désormais reconnue comme le neuvième art, alimente l’imaginaire collectif autant que les clivages : des discussions en ateliers révèlent que beaucoup de jeunes lecteurs accordent la même importance à une planche digne d’un illustrateur qu’à une fresque murale ou à une œuvre architecturale. De même, l’essor du jeu vidéo repositionne en 2026 la notion même d’immersion : on ne se contente plus d’être spectateur, on devient acteur, créateur, parfois bâtisseur d’univers.

Alors, pourquoi continuer à parler du « premier art » dans cette mosaïque ? D’abord, parce que ce classement donne une base commune pour échanger, argumenter, se situer dans une histoire qui nous dépasse. Ensuite, parce qu’il permet de comprendre l’évolution d’une société, la montée de nouvelles disciplines et l’adaptation permanente des institutions.

Une liste qui n’est jamais close : rêves d’un onzième art ?

Depuis quelques années, des pistes se dessinent pour élargir ce tableau. Certains proposent d’y ajouter la cuisine, la mode, l’art floral ou la création éphémère. La question n’est pas tant de clore la liste que de permettre aux pratiques innovantes de trouver leur place.

Dans les festivals locaux, les marchés de créateurs ou les ateliers collectifs, il n’est pas rare que de nouvelles alliances naissent, bousculant le classement académique. Les arts traditionnels inspirent les designers et les développeurs numériques ; la poésie s’invite dans l’urbanisme ; la peinture rejoint la réalité augmentée. Personne, ou presque, ne se satisfait d’une liste immobile : la classification reste un terrain de jeu, et parfois de disputes amicales, entre générations et milieux différents.

Pourquoi l’architecture est-elle considérée comme le premier art dans la classification classique ?

L’architecture tient la première place car elle structure l’espace, façonne la vie collective et influence le bien-être social. Ce choix, marqué par la philosophie d’Hegel et d’autres penseurs, s’explique autant par la dimension matérielle et expressive de l’architecture que par son rôle fondamental dans la création de lieux communs et d’identités urbaines.

D’où vient le concept de classement des arts ?

La classification des arts s’ancre dans la philosophie occidentale, des muses de la Grèce Antique aux théoriciens du XIXe et XXe siècles. Chaque époque a proposé ses critères, passant du simple recensement à une hiérarchie réfléchie selon des critères sensoriels, sociaux ou techniques.

Comment la classification des arts évolue-t-elle aujourd’hui ?

À côté de la liste classique, de nouveaux médias et pratiques (bande dessinée, jeu vidéo, création numérique) bousculent les frontières. La diversité des expressions contemporaines oblige à penser une classification souple, qui accepte l’apparition régulière de nouveaux arts.

Quelles disciplines sont comprises dans les arts visuels ?

Les arts visuels regroupent la peinture, le dessin, la photographie, le graphisme, la gravure, mais aussi le web design. Ces disciplines ont en commun l’utilisation de formes et de couleurs pour produire une émotion ou une réflexion, et jouent un rôle important dans l’éducation artistique et l’offre culturelle populaire.

Le classement des arts est-il encore pertinent pour les pratiques locales ?

Le classement officiel offre un point de repère, mais sur le terrain, l’essentiel reste l’accès à des expériences variées et adaptées aux envies locales. Les programmateurs, familles et artistes naviguent entre disciplines, privilégiant la rencontre et la découverte plutôt que le respect d’un ordre hiérarchique.

Laisser un commentaire

Précédent

Maisons pour tous Montpellier : activités, adresses et infos utiles

Suivant

Arts traditionnels japonais : origines, pratiques et savoir-faire