Sonia Mabrouk est reconnue pour son ton affûté et sa présence régulière dans les grands rendez-vous politiques sur la télévision française. Cette journaliste franco-tunisienne, longtemps figure de proue de CNews et d’Europe 1, a su imposer son style sur des plateaux où la parole est parfois tendue. Son actualité récente ne s’est pas résumée à la simple chronique d’un transfert médiatique : le départ fracassant du groupe Bolloré en février 2026, sur fond d’affaire Morandini, a révélé une femme de convictions dont le parcours professionnel et la vie privée s’entremêlent sans jamais se confondre.
Aujourd’hui, elle s’apprête à marquer à nouveau les médias français en rejoignant BFMTV, au moment même où sa famille s’agrandit. À travers ce portrait, c’est toute l’épaisseur d’une carrière, d’une histoire familiale et d’un engagement public que l’on découvre, loin des cases toutes faites.
- Grand départ médiatisé : Sonia Mabrouk a quitté CNews et Europe 1 en février 2026, refusant de soutenir le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini après sa condamnation.
- Transition vers BFMTV : Dès la rentrée, elle prend les commandes des grandes interviews politiques sur BFMTV, s’inscrivant dans la continuité de son exigence journalistique.
- Principes et mentorat : Sa décision s’enracine dans les leçons transmises par Jean-Pierre Elkabbach, défenseur de l’éthique journalistique et figure tutélaire pour elle.
- Vie privée : Deuxième maternité récente, équilibre familial et exposé médiatique géré avec prudence par la journaliste, qui protège autant qu’elle raconte.
- Réaction publique : Ce choix courageux soulève débats, incompréhensions et soutiens au sein du public, tout en posant la question de l’indépendance dans les grands médias français.
Parcours d’une journaliste à la croisée de plusieurs mondes
Sonia Mabrouk possède un profil rare parmi les journalistes de la télévision française. Née à Tunis le 17 décembre 1977, elle grandit dans le quartier de la Goulette, à quelques kilomètres seulement du cœur historique de la capitale tunisienne. Issue d’une famille influente, marquée par la haute société locale et des liens étroits avec les sphères du pouvoir (on évoque un environnement proche de Bourguiba), elle a bénéficié d’un contexte privilégié, mais loin d’être fermé aux réalités du monde.

Dès son plus jeune âge, l’histoire familiale et la culture politique nourrissent ses réflexions et aiguisent sa curiosité.
Son arrivée en France marque un premier grand tournant. Les bancs de l’université la voient évoluer entre études littéraires et politiques, jusqu’à l’obtention de diplômes reconnus, qui lui ouvrent la porte des premiers stages et expériences professionnelles.
Mais la France, pour la jeune femme, n’est pas qu’un terrain d’accueil ou un marchepied. C’est aussi un enjeu d’identification : Sonia Mabrouk choisit d’habiter, non seulement l’espace public par ses écrits et ses reportages, mais les débats les plus vifs sur l’intégration, la mémoire, et parfois l’identité.
Le public la découvre d’abord sur Public Sénat, grâce à Jean-Pierre Elkabbach. Cet ancrage dans la chaîne parlementaire n’a rien d’anodin. Très vite, la journaliste s’illustre par son art de l’interview longue et argumentée, capable de bousculer en restant courtoise. À ce moment, elle affirme déjà son autonomie d’analyse sur les dossiers politiques brûlants. L’expérience se poursuit avec la radio : Europe 1 la sollicite dès que son style captive et que sa rigueur s’impose.
Le cheminement ne s’arrête pas là. Sur CNews, Sonia Mabrouk accède à une reconnaissance d’envergure nationale grâce à sa participation aux débats quotidiens et à ses reportages sur l’actualité. Certains retiennent sa capacité à poser les questions là où d’autres se contentent de commentaires. D’autres relèvent la ténacité dont elle fait preuve face à des invités puissants ou polémiques. La journaliste ne prend pas d’engagement militant pour un camp politique. Elle revendique plutôt la nuance et le droit à la contradiction, même face à la pression de la fameuse « droitosphère » qui surveille ses moindres inflexions.
Qu’est-ce qui distingue ce parcours ? Ce n’est ni la précocité, ni la facilité, mais la volonté manifeste de faire dialoguer plusieurs histoires, plusieurs mémoires : celle de la Tunisie, celle de la France, et celle d’un journalisme qui réclame une ligne de conduite claire. Rarement une journaliste de télévision aura assumé de porter si haut la bannière de la complexité et de refuser la simplification.

Départ de CNews : principes, polémiques et choc médiatique
Le 6 février 2026, la démission de Sonia Mabrouk de CNews et d’Europe 1 fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage des médias français. Officielle, ferme, argumentée, elle tranche avec l’opacité habituelle de certains transferts médiatiques. Dans ce dossier, l’affaire Morandini occupe le devant de la scène : le maintien à l’antenne du journaliste, après sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, a été vécu comme un point de non-retour par Mabrouk.
La journaliste déclare avoir attendu le verdict de la justice, comme elle l’explique à la presse. Elle insiste sur la nécessité de respecter la présomption d’innocence avant la confirmation des faits, mais, une fois la condamnation acquise, elle considère que les engagements moraux de la chaîne n’ont pas été respectés. Trois jours durant, coupée de tout, elle pèse les conséquences de son geste. D’après les confidences livrées dans la presse, ces heures d’introspection ne relèvent ni de l’émotion ni du calcul. Il s’agit pour elle d’une décision structurante, qui engage sa conception du métier et sa légitimité future.
La direction tente de temporiser, mais Sonia Mabrouk, face à la crise de confiance, préfère prendre la porte que de tourner le dos à ses principes. Elle l’exprime, non sans nuance, dans plusieurs entretiens. Pas d’accusation gratuite : elle rappelle avoir bénéficié de la liberté d’expression, évoque la juste balance de la « soupe » qu’on accepte de manger dans ces grandes maisons, mais fixe désormais le seuil de l’inacceptable.
Dans le sillage immédiat de cette décision, les réactions affluent. Certains salariés, soulagés du départ de Morandini, lui témoignent leur soutien. Du côté du public, le débat est plus vif. Les réseaux sociaux s’enflamment : partagée entre saluts respectueux de sa position et reproches d’abandonner le terrain face à la polémique. Mais la journaliste assume cette tension, consciente que la crédibilité se construit dans le temps long et parfois au risque de l’impopularité.
Un dernier détail mérite d’être souligné : ce départ coïncide avec un contexte personnel fort, la naissance prochaine de son deuxième enfant. Loin d’un geste de carrière isolé, il s’agit d’un choix qui engage la personne et la professionnelle dans une même dynamique de cohérence. Pour qui interroge la réalité des décisions difficiles sous pression médiatique, cet épisode offre un cas d’école.
Sonia Mabrouk et l’héritage de Jean-Pierre Elkabbach : une pédagogie de l’incertitude
S’il fallait trouver une boussole à Sonia Mabrouk, beaucoup pointeraient l’influence indélébile de Jean-Pierre Elkabbach. Le défunt journaliste, illustre figure du journalisme politique français, a non seulement parrainé son entrée à Public Sénat, mais lui a transmis une manière d’envisager le métier sous l’angle du doute, constamment revendiqué.
Une anecdote relatée dans « Paris Match » résume ce compagnonnage. Après un débat houleux durant la primaire de la droite en 2016, Elkabbach, marqué par la virulence des réactions à une pointe ironique qu’il avait lancée à Bruno Le Maire, admet ses torts. Ce matin-là, la leçon transmise est limpide : quel que soit le niveau de notoriété, le jugement du public oscille toujours entre l’admiration et le blâme. Tout n’est jamais acquis. Pour Mabrouk, ce rappel à la modestie s’est imposé comme la clé d’une posture équilibrée face à l’exposition médiatique.
Dans ses propres mots, Sonia Mabrouk répète que le public ne donne pas d’amour durable. Il prête attention, parfois honore, souvent critique, et il faut apprendre à naviguer dans cette incertitude, sans se laisser enfermer dans la dépendance aux bonnes grâces. Cette pédagogie du doute, elle la met en application, aussi bien lors d’interviews en direct que dans sa gestion des crises internes dans les rédactions.
Ce qui frappe chez elle, c’est moins la volonté de « faire école » que celle de toujours ouvrir le champ de la réflexion. Entre fidélité aux principes et adaptation au contexte, elle ne cesse de rappeler la valeur d’une liberté intérieure, même si cette dernière coûte cher. La journaliste affirme régulièrement vouloir « imposer un style », mais jamais au détriment du sens critique.
Dans ses chroniques et reportages sur la télévision française, cette éthique ne relève pas du slogan. On la retrouve dans l’importance donnée à la précision des termes, au respect de la pluralité de voix à l’antenne, aux citations mobilisées lors des échanges. Cette « conscience » fabrique une autre manière de vivre le métier de journaliste, loin du bruit ambiant et des revirements dictés par les réseaux.
Reportages, prises de position et le quotidien d’un visage de la télévision française
Sur CNews comme chez ses concurrents, Sonia Mabrouk a bâti sa réputation sur des interviews où la contradiction n’est pas une posture mais un moyen d’éclaircir le débat. Son style direct et son refus des invectives gratuites lui valent respect et inimitiés à parts égales.
L’un de ses atouts majeurs réside dans la préparation minutieuse de ses entretiens. Pour chaque invité, la journaliste multiplie les recherches, consulte archives et rapports, discute avec son équipe de rédaction pour ne laisser aucun blanc. Cette approche façonne l’image d’un échange : ni procès, ni connivence, mais la restitution d’un rapport de forces nuancé. Au fil des années, cette fiabilité a permis de fidéliser un public exigeant, peu enclin aux effets de mode ou aux facilités du buzz.
Elle a souvent été sollicitée sur l’actualité sensible : débats sur l’immigration, crise des gilets jaunes, tensions relatives à la laïcité… À chaque fois, Sonia Mabrouk cherche à replacer le débat sur un terrain argumentatif, quitte à déplaire à certains camps idéologiques. Elle se défend de prétendre à la neutralité – chimère selon elle – mais assume de ne jamais sacrifier l’exactitude à l’émotion.
Son parcours professionnel, de la radio à la télévision, comporte quelques virages risqués. Parfois, elle a refusé des offres de prime time, préférant un format, des horaires ou une rédaction lui permettant de rester en cohérence avec sa manière de travailler. Ce choix, loin d’être systématique, éclaire néanmoins une volonté de ne pas céder à la facilité, quitte à rester moins visible par moments.
Si l’on prend à la lettre les mots des auditeurs et téléspectateurs sur les réseaux sociaux, la constance est saluée. Même ceux qui la contestent pour ses positions marquées reconnaissent sa capacité à préserver la qualité de l’échange. Elle ne s’excuse pas d’agacer, mais revendique de vouloir « redonner le goût de la conversation » dans sa nouvelle émission sur BFMTV.
| Émission | Chaîne | Type de format | Période |
|---|---|---|---|
| Le Grand Rendez-vous | Europe 1 | Interview politique | 2017-2026 |
| La Grande Interview | CNews | Débat et interview | 2018-2026 |
| Saison prochaine | BFMTV | Grand entretien prime | 2026– |
Si vous souhaitez comprendre l’évolution du journalisme politique sous l’angle de l’exigence, le parcours de Sonia Mabrouk fournit un cas très parlant.
Vie privée : équilibre entre exposition, famille et préservation de l’intime
L’exposition médiatique comporte sa part de risques. Sonia Mabrouk en fait l’expérience au quotidien, surtout depuis la naissance de ses deux enfants. Sur ce plan, elle se distingue par un choix clair : protéger sa famille tout en assumant le partage de certains pans de sa vie privée pour déminer les rumeurs et éviter les fausses confidences.
Son récit familial n’est ni construit sur le pathos ni sur l’auto-célébration. La journaliste bouscule parfois les attendus : elle parle de ses maternités, de la difficulté à retrouver un rythme, mais sans instrumentaliser ces faits pour fabriquer une image « parfaite ». Sur les réseaux ou dans la presse, ses interventions restent dosées, privilégiant la pudeur à la mise en scène.
Lorsqu’elle mentionne sa fille aînée, Soraya, ou la naissance à 48 ans de son second enfant, c’est souvent pour évoquer le sujet sous l’angle de la conciliation entre chroniques d’actualité et responsabilités familiales. Cette capacité à faire du quotidien un terrain d’ajustement personnel, sans en tirer des leçons universelles, s’ajoute au capital de confiance qu’elle entretient avec le public. Certes, la position n’est jamais confortable. Chaque prise de parole suscite commentaires et jugements. Mais Sonia Mabrouk privilégie la franchise, quitte à reconnaître que son agenda est désormais rythmé par les transports entre studio, crèche et domicile.
Le paradoxe de la visibilité trouve ici tout son sel : protéger ses enfants, c’est aussi accepter d’être interpellée par ceux qui prétendent juger la frontière entre vie publique et sphère privée. Le plus délicat, sans doute, réside là : ne pas transformer l’intimité en argument médiatique, tout en restant accessible et sans posture artificielle.
- Maternité tardive et organisation professionnelle adaptée
- Autonomie affirmée dans la gestion du récit privé
- Prise en compte des enjeux sociétaux liés aux modèles familiaux dans les médias
- Discussion publique raisonnée sur la parentalité post-45 ans
En somme, l’équilibre n’est jamais parfaitement stable, mais c’est dans la gestion des oscillations que se joue la solidité du personnage public.
Petit conseil pratique pour les lecteurs habitués aux actualités médiatiques : si vous suivez les interviews de Sonia Mabrouk, les repères familiaux servent souvent de fil rouge pour comprendre sa manière de mener le débat, entre fermeté et empathie.
Pourquoi Sonia Mabrouk a-t-elle quitté CNews et Europe 1 ?
Le départ de Sonia Mabrouk fait suite au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini après sa condamnation pour corruption de mineurs, événement qu’elle a jugé incompatible avec ses principes professionnels et éthiques.
Quel rôle joue Jean-Pierre Elkabbach dans son parcours ?
Mentor historique de Sonia Mabrouk, Jean-Pierre Elkabbach lui a offert ses premières chances à Public Sénat et a contribué à façonner sa vision du journalisme, centrée sur l’humilité et l’exigence du doute.
Où retrouver Sonia Mabrouk à la télévision ?
À partir d’août 2026, Sonia Mabrouk anime une nouvelle tranche d’interviews et débats politiques en soirée sur BFMTV, après son départ remarqué du groupe CNews et Europe 1.
Comment Sonia Mabrouk gère-t-elle sa vie privée et son exposition publique ?
Elle privilégie la discrétion quant à sa vie familiale, partageant certains aspects pour désamorcer les spéculations, tout en refusant de transformer sa maternité ou son quotidien en argument médiatique.
Quels thèmes dominent les interviews de Sonia Mabrouk ?
Ses échanges approfondis abordent régulièrement les enjeux d’actualité politique, la place de l’immigration et de l’identité, ainsi que la nécessité de débats argumentés et sans tabou dans les médias français.
